Comité de lecture 2017

1/« L’administration provisoire »
Alexandre Seurat
2/« L’insouciance »
Karine Tuil
3/« Les Elus »
Sem-Sandberg Steve
 4/« Le bal mécanique »
Yannick Grannec
5/ « Chanson douce »
  Leila Slimani
 6/« Petits secrets et grands mensonges »

Liane Moriarty

 7) »Giboulées de soleil »

Leuka Hornakora-Civade

 8) »L’art et la manière de conclure en beauté »

Lauren Weisberger

 9) « Sur les chemins noirs »

Sylvain Tesson

 10) »Le dernier des nôtres »

Adélaïde de Clermont-Tonnerre

 11) « L’année la plus longue »

Daniel Grenier

 12) « Les hautes montagnes du Portugal »

Yann Martel

1/ »L’administration provisoire » d’Alexandre Seurat
1er lecteur : Roman documentaire, l’auteur explique cette face « cachée » et souvent méconnue, dans les nouvelles générations, de cette mémoire où la culpabilité est oubliée. On s’aperçoit que ce fonctionnaire zélé est un maillon actif de la chaîne menant à la mort nombre de personnes portant l’ETOILE JAUNE. Ce passé familial est mis au jour par cet arrière-petit-fils.La fonction d’administrateur provisoire est lié au commissariat général aux questions juives, en d’autre terme c’est SPOLIER les biens juifs selon la loi de Vichy. Notre jeunesse devrait prendre connaissance de cette période trouble. Personnellement, cet épisode m’a été raconté, non seulement ils se payaient très bien et des petits bourreaux, de cet acabit,étaient nombreux dans la zone occupée.
Mention: 4 livres

2ème lecteur :   

 

L’arrière-grand-père du narrateur était administrateur provisoire des biens des juifs entre 1941 et 1943. Son ombre plane sur la famille. Personne ne veut vraiment savoir ce qu’il faisait. C’est dérangeant et c’est du passé de toute façon. La famille est en mille morceaux, on ne se parle pas, on ne veut pas se parler de peur de découvrir ce que l’on ne pourrait supporter.

 

Mais l’arrière-petit-fils, lui, veut savoir qui était vraiment cet homme, et ce qu’il a fait. Il étouffe dans cette famille qui refuse la vérité. Il fait des recherches et découvre un homme lâche qui se retranche derrière la loi pour justifier ses actions sordides, un homme qui détourne, pour son compte personnel, les biens qu’il a à gérer, un homme qui distille la peur, un homme qui, dans sa famille, se pose en moralisateur que tous craignait.

Mention: 4 livres

 

 

2/« L’insouciance » de Karine Tuil
1er lecteur : C’est au travers de l’histoire de quatre personnages que l’auteure nous parle de notre monde. Un monde où le cynisme de politiques côtoie l’arrogance des gens de pouvoirs et la violence qui est partout avec le racisme, l’antisémitisme et le communautarisme. Nous sommes face à une réalité qui dérange, qui fait froid dans le dos et nous donne un sentiment d’impuissance. Il y a François Vély, dirigeant d’une grande entreprise internationale et son cercle d’influence arrogant et hypocrite ; Osman Diboula, fils d’immigrés ivoiriens, éducateur social qui aspire aux plus hautes fonctions de l’Etat ; Romain Roller, un soldat de retour d’Afghanistan, dévasté par ce qu’il a vécu là-bas ; Marion Decker, journaliste qui vient d’un milieu modeste et a épousé François Vély mais est amoureuse de Romain. Ce roman est déroutant car l’auteure choisit de n’utiliser que le côté le plus sombre de notre siècle pour raconter une histoire d’êtres humains à la recherche de leur identité véritable dans un monde de clans figés. Ce livre qui nous laisse un étrange malaise nous fait réfléchir sur nos choix et le sens que l’on peut donner à notre vie dans ce monde complexe. Fort heureusement la réalité n’est pas contenue dans ces quatre personnages. Ce livre mérite d’être lu, il est précis et très documenté, la narration est vive et l’écriture dense et forte.
Mention: 3 livres

3/« Les Elus » de Sem-Sandberg Steve
1er lecteur : Ce roman ressemble plus à un long témoignage qu’à un véritable roman. Cela se passe en 1940 et les années suivantes, en Allemagne nazie. Les enfants difficiles, présentant des handicaps mentaux, ou instables, sont parqués dans un institut. Là, sous la houlette de différents médecins et infirmières, ils subissent des soins plus ou moins violents, voire radicaux. Des expériences sont menées. Jusqu’à la solution finale…On suit plus particulièrement Adrian, un enfant qui réussira à échapper à la mort, et Anna, une infirmière qui n’échappera pas, elle, à la justice, lorsque les faits sont dévoilés au grand public.C’est sombre, dense, mais relativement facile à lire tout de même. Très instructif, édifiant. C’est un terrible témoignage sur les atrocités de la seconde guerre mondiale et la folie de cette époque.
Mention: 3 livres

4) « Le bal mécanique » de Yannick Grannec
1er lecteur : L’histoire commence par Josh, aux Etats-Unis. Il est producteur et animateur d’une émission de télé-réalité et coaching. Sa femme est psy et s’occupe avec lui de l’émission. Les coulisses d’une émission de télé-réalité sont intéressantes, bien racontées. Petit à petit, Josh se dévoile un peu, parle de son père, Carl, un peintre assez renommé, qui a pris sa retraite en France. Celui-ci apprend qu’une partie de l’héritage de sa famille contient un tableau célèbre, d’un peintre connu, mais qui avait été réquisitionné par les nazis. Il découvre ainsi des secrets de famille troublants sur ses parents adoptifs ainsi que sur sa véritable mère. Il se suicide, sans que l’on sache si cela a quelque chose à voir avec ces découvertes.La première partie du roman est racontée par Josh.Dans la seconde partie, on remonte le temps, à l’époque des grands-parents et parents de Carl, dans les années 1915-1930.L’auteur raconte l’histoire di Bauhaus, une école D’arts renommée, la vis bohème des ancêtres de Carl et de Josh, tout cela sur fond de montée du nazisme.Cet intéressant, bien écrit, vivant, on découvre une partie de l’histoire de l’Europe, de l’histoire de l’art que l’on ne connait pas forcément. Des peintres célèbres font partie des personnages principaux, tels que Klee, Kandinsky et d’autres.C’est un roman pictural riche, dense, agréable à lire.
Mention: 3 livres

5) » Chanson douce » de Leïla Slimani

1er lecteur : La première phrase du livre est violente : « Le bébé est mort ». Le roman commence sur les chapeaux de roue, avec une scène macabre. Puis les chapitres suivants remontent dans le temps et nous racontent comment on en est arrivés à ce drame horrible.Un couple décide d’embaucher une nounou à domicile pour s’occuper de leurs deux enfants en bas âge. C’est un couple assez aisé, parisien bobo-chic, ils sont tous deux débordés mais bienveillants avec Louise, leur nounou, qui va vite devenir indispensable. Louise est une vraie perle : en plus de s’occuper des enfants, sans qu’on lui demande, elle fait le ménage, prépare de délicieux petits plats, gère tout dans la maison. Bref, c’est une véritable Mary Poppins.Mais tout n’est pas rose. Petit à petit le couple va se rendre compte que Louise peut avoir un comportement étrange, louche, qui petit à petit va leur faire peur. Jusqu’au drame final…. L’écriture de l’auteure est très agréable, intelligente, parfaitement maîtrisée. Bien que l’on connaisse dès le départ la fin, on a hâte de comprendre pourquoi. Les sentiments, les pensées les plus secrètes de Louise sont très finement analysés.C’est un roman certes un peu sombre, mais très agréable à lire malgré tout car il n’y a pas de grandiloquence. L’auteure ne fait pas dans le sensationnel, elle expose les faits simplement, mais avec talent. Et c’est certainement pour cette raison qu’elle a eu le Prix Goncourt !Mention: 3 livres 2ème lecteur : Un couple engage une nounou pour les enfants, une situation qui pourrait être banale mais qui conduit au drame. Malgré le sujet, la lecture est agréable grâce à l’écriture, un style direct et efficace.
Mention: 3 livres


6) « Petits secrets et grands mensonges » de Liane Moriarty

1er lecteur :     

Dans la banlieue chic d’une petite ville australienne, un meurtre a eu lieu lors de la soirée Quiz organisé par l’école. Qui est mort ? Pourquoi ? Qui est l’assassin ?

Tout cela on le saura à la fin du livre.

Une fois rapidement évoqué l’accident funeste, on remonte en arrière, à la source des différents évènements qui vont s’enchainer jusqu’au drame final.

C’est dons l’histoire de plusieurs femmes ayant des enfants scolarisés dans la même école. Certaines sont belles, riches, d’autres moins, toutes ont leur petits et grands secrets. Des clans se forment mais tout va à peu près bien jusqu’au jour de la prérentrée où une petite fille accuse un petit garçon de l’avoir frappée.

Le roman est construit comme un scénario, on sent bien qu’il est prêt pour être adapté à la télé (une série est prévue). Mais c’est drôle, bien écrit, amusant, avec des rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine.

Les personnages ne sont pas superficiels, malgré les apparences. Notamment, le sujet douloureux de la femme éperdument amoureuse de son mari qui la bat, est très bien traité.

C’est une lecture vraiment agréable, sympathique.

L’écriture est plus dynamique que le précédent roman de l’auteure (Le secret du mari), on s’ennuie à aucun moment.

A conseiller !

Mention: 3 livres

 

2ème lecteur :   

L’histoire est présentée de façon originale, on sait qu’il s’est passé quelque chose de grave, que quelqu’un est mort, mais qui ? On suit donc le petit groupe de mamans d’élèves de l’école et leurs problèmes de famille. On retrouve l’ambiance du « Secret du mari », le même milieu social, et les secrets, les drames. Une lecture très agréable, un roman qu’on a du mal à laisser, tant on veut savoir….

Mention: 3 livres


7) « Giboulées de soleil » de Leuka Hornakova

1er lecteur :     

 

Nous sommes en Tchécoslovaquie de 1940 à nos jours. Le pays, issu de l’ancien empire austro-hongrois a vécu sous la coupe des nazis puis du bloc soviétique pour finalement entrer dans l’Europe à la chute du communisme.

 

Ce roman est une belle fresque que nous raconte l’histoire de quatre générations de femmes dont la particularité est d’être nées de pères inconnus mais non sans amour. De Marie, l’arrière-grand-mère à Eva, l’arrière-petite-fille toutes font face à leur destin avec fierté et revendiquent d’être libres d’avoir aimé qui elles voulaient.

 

Elles sont vivantes ces femmes qui s’adaptent à un monde changeant, violent ; elles sont décidées, raffinées quand elles brodent les habits tradionnels ; elles sont courageuses et intelligentes. L’auteur nous décrit aussi de beaux portraits d’homme, en particulier ceux que ces femmes ont aimés. Malheureusement il y a aussi ceux qui ont voulu les soumettre.

 

Ce premier roman, écrit en français par une auteure dont la langue maternelle est le tchèque est, pour moi, un coup de cœur. L’écriture est poétique, délicate, pleine d’humour, spontanée. Je l’ai lu d’un trait avec un grand bonheur.

Mention: 4 livres


8)« L’art et la manière de conclure en beauté » de Lauren Weisberger.

1er lecteur :     

 

Charlie est une joueuse de tennis professionnelle qui stagne à la 23 ème place du classement. Suite à une blessure, elle décide de changer de coach. Son nouvel entraineur est dur, très dur, mais il réussit à la remonter au classement.

Sa relation secrète avec le meilleur joueur de tennis pro est également un atout pour elle car cela va permettre de la faire connaitre du public.

Et bien sûr, elle est belle à damner un saint, tout comme tous les joueurs et joueuses de tennis d’ailleurs qui évoluent dans ce roman, certains existant vraiment.

 

Ce roman, loin d’être aussi passionnant que Le diable s’habille en Prada, se laisse tout de même lire. C’est toujours intéressant de découvrir les coulisses du tennis professionnel, la vie que mènent ces sportifs de très haut niveau.

C’est le roman typique dit « de plage », on ne se prend pas la tête, one n’en attend pas des merveilles, on passe un bon moment. Mais vite lu, vite oublié !

Mention: 2 livres


 

 9) »Sur les chemins noirs » de Sylvain Tesson

1er lecteur :

                      

En 2014 Sylvain Tesson s’était gravement blessé en tombant de la façade d’une maison à Chamonix. Il s’était juré d traverser la France à pied s’il retrouvait l’usage de ses membres. C’est ce qu’il a fait.

 

Il a intitulé son livre « Les chemins noirs » car il a décidé de traverser les zones rurales marquées de petits traits noirs sur les cartes IGN.

 

Ce livre est le récit de sa traversée de la France du Mercantour au Cotentin. La partie la plus de chez nous est le Cantal et la Corrèze avec Ussel.       

 

Il va parfois à l’hôtel, mais la plupart du temps dort sous la tente dans des lieux isolés et pittoresques. Un de ses amis, écrivains russe, le rejoint pour quelques jours, de temps en temps, sur une période qui va s’étaler sur trois mois.

 

Aller à pied pour lui est aussi une forme de résistance. Il préfère « esquiver » ce monde qui ne lui convient pas, sans le mépriser. Pas si simple.

 

On retrouve dans ce livre le style « Tesson ». Pas de leçons de morale mais plutôt des points de vue.

 

C’est surtout son talent d’écrivain qui le distingue, sa patte, sa réflexion aussi. On se rêve à écrire aussi bien que lui !

Mention: 3 livres


10) » Le dernier des nôtres » de Adélaïde de Clermont Tonnerre

1er lecteur :     

 

Deux époques qui nous lient à ce roman 1945 à Dresde et 1969 à Manhattan.

Werner et Marcus, sont associés dans une petite entreprise de construction et de réhabilitation.

 

C’est à la fois un roman empreint d’une extrême gravité avec la destruction de Dresde en 1945, de tous les dessous de la guerre et la révélation des atrocités nazies.

Mais il est léger à travers ses lignes !!!Tout n’est pas noir, il nous éclaire sur nos origines et pose la question de la naissance, de notre destin. L’histoire de 2 frères dont la ressemblance est sans égale nous emmène dans un dédale de suppositions qui trouvera la réponse qu’à la fin.

 

Pourquoi le « dernier des nôtres », ce sont les dernières paroles de la mère biologique du personnage clé.

Ce livre est passionnant !

Mention: 4 livres

 

 

2ème lecteur :

Récompense méritée. Livre qu’on ne lâche pas !

 

L’histoire commence en 1969 par un coup de foudre à Manhattan entre le beau Werner Zilch et la belle Rebecca Lynch. Ils sont jeunes, ambitieux. Elle est la fille d’un milliardaire, quant à lui, d’origine plus modeste, il a été adopté à trois ans par un couple d’américains.

 

Le second chapitre est nettement moins léger. Nous sommes en 1945 à Dresde en Allemagne. Tout est détruit. Dans cet enfer, une jeune femme met au monde un enfant. Elle a juste le temps avant de mourir de donner le nom de sa belle-sœur pour qu’on puisse lui confier l’enfant et de dire : « Il s’appelle Werner Zilch, ne changez pas son nom, il est le dernier des nôtres ».

A partir de là, les chapitres alternent entre les années 40 et les années 70 et bien sûr les histoires se rejoignent. L’histoire amoureuse va être impactée par l’origine allemande de Werner. Pourquoi ? A vous de le découvrir !

Mention: 4 livres


11) » L’année la plus longue » de Daniel Grenier

1er lecteur : 

   

 

Roman original, historique et fantastique à la fois.

Il est écrit façon puzzle avec beaucoup d’allers-retours dans la temps, l’espace.

 

L’auteur a créé deux personnages, ses deux héros : un jeune homme et son grand-père qui ont la particularité d’être nés un 29 février.

Autre particularité, d’après les recherches de son fils, le grand- père ne vieillissait qu’une année sur quatre ce qui lui a permis de commencer sa vie vers 1700 et de la continuer jusqu’en 2000.

En sera-t-il de même pour Thomas le petit-fils ?

 

Avec eux, nous parcourons toute l’histoire de l’Amérique du Nord.

 

Le grand père nous fait vivre la prise de Québec, la capitulation des Indiens, la guerre de sécession, la prohibition et le petit-fils nous emmène jusqu’en 2047.

 

Livre particulier, très riche et bien écrit.

Mention: 2 livres

 

2ème lecteur :   

 

Ce roman a un sujet de départ attrayant : en effet, il raconte l’histoire d’un homme, Aimé Bolduc, né un 29 février, au 18 ème siècle, et qui ne vieillit que tous les quatre ans. Il vit donc quatre fois plus qu’un humain normal. Il traverse dons le 18e, le 19e, et le 20e siècle, vivant quantité de guerres et d’évènements en tout genre.

Là où se trouve la difficulté pour le lecteur, c’est dans la façon que l’auteur a traité cette histoire. Ce sont les paragraphes denses, avec très peu de dialogues. Les chapitres ne sont pas chronologiques puisque l’on passe allègrement d’un siècle à un autre, pour revenir en arrière, puis en avant, puis repartir. Cela donne presque le tournis !

Mention: 3 livres


 12) « Les hautes montagnes du Portugal » de Yann Martel

 

1er lecteur :     

 

Trois récits pour ce fascinant voyage. Tout d’abord en 1904, Tomas travaillant au musée national d’art ancien de Lisbonne, découvre un journal du XVIIème siècle du père Rosario Pinto, lequel décrit un artefact insolite qui bouleverserait la chrétienté. Il part en voiture sur les routes des hautes montagnes du Portugal…

 

Puis nous somme 35 ans plus tard, un pathologiste, fervent admirateur d’Agatha Christie, autopsie un homme à la demande de son épouse.

 

Puis cinq ans plus tard, un sénateur canadien veuf décide de partir dans son village ancestral vivre avec un chimpanzé.

 

Ces 3 récits vont converger mais c’est avant tout une œuvre romanesque où l’on retrouve nos questionnements existentiels que tout un chacun se pose tel que l’amour, la mort, la foi etc….

 

 

Artefact : phénomène d’origine accidentelle ou artificielle qui altère une expérience ou un examen portant sur un phénomène naturel.

Mention: 3 livres