comité de lecture 2013

1)Notre dame du Nil/Scholastique Muka Songa

 2)Le monde de Charlie/Stephen Chbosky   3)Home/Toni Morrison
 4)L’ordre libertaire/Michel Onfray  5)14/Jean Echenoz  6) Beauvoir in love/Irène Frain
 7)Ecarlate/Hillary jordan  8) Le mystère de sherlock/J M Erre  9)Quand la lumière décline/Eugen Ruge
 10)Le terroriste noir/Tierno Monenembo  11)La singulière tristesse du gâteau au citron/Aimée bender  12)L’atelier des miracles/Valérie Tong Cuong
13)La maison de l’arbre joueur/Lian Hearn  14)Le grand complot/Laurent Joffrin 15)Némésis/Philip Roth
 16)Je ferai de toi un homme heureux/Anne B Ragde  17)Un homme effacé/Alexandre Postel  18)Délivrance/ James Dickey
 19) Chrysis/Jim Fergus  20)Sombre dimanche/AliceZeniter  21)L’instant d’après/Sarah Rayner
 22) Embrouille en Provence  23) La nuit d’Ostende/Paule Noyart  24) La pendue de Londres/Didier Decoin
 25) Ladivine/ Marie Ndiaye  26) Pause/Susan Maushart  27)La déesse des petites victoires/ Yannick Grannec
 28) Juste avant le bonheur/Agnès Ledig  29)La cuisinière d’Himmler/Franz Olivier Gisbert  30)Et que le vaste monde poursuive sa course
 31)Le palimpseste d’Archimède/Eliette Abecassis  32)Demain est un autre jour/Lori Nelson Spielman  33)La femme de nos vies/Didier Van Cauwelaert
 34) L’armoire des robes oubliées / Riikka Pulkkinen  35) le potentiel érotique de ma femme/David Foenkinos  36)Chers voisins/John Lanchester
 37)L’extraordinaire voyage du fakir qui était coincé dans une armoire Ikéa /Romain Puertolas  38)Le quatrième mur/Sorj Chalandon

1) Notre Dame du Nil/Scholastique Mukasonga

1er lecteur :

Scholastique Mukasonga a perdu toute sa famille dans le génocide rwandais de 1994.

Dans ce roman, qui se situe au début des années 70, elle raconte la vie quotidienne dans un lycée de jeunes filles dirigé par des religieux catholiques et isolé à 2500 m d’altitude. Ces jeunes filles sont la future élite féminine du pays mais le lycée n’accepte qu’un quota de 10% d’élèves tutsies, les autres étant issues du « peuple majoritaire », les hutus.

Dans cet univers clos, nous sommes plongés au sein d’une violence sournoise, latente au début du roman, qui peu à peu monte en puissance, se répand et aboutit au pire, sous le regard silencieux des adultes. Et l’on comprend que, déjà, tout est en place pour la tragédie de 1994.

Ce roman a des accents autobiographiques et se situe dans un contexte historique réel. Il nous questionne sur notre humanité et sa part le plus noire, avec toujours la même interrogation : comment et pourquoi de telles tragédies peuvent-elles se produire ?

Mention: 4 livres

2ème lecteur :

Un lycée catholique au Rwanda, à la source du Nil pour jeunes filles devant représenter l’élite de la nation.

On partage les préoccupations et problèmes des jeunes africaines avec en plus la rivalité Hutu – Tutsi qui explose à la fin.

Malgré tout, la lecture est agréable, pas triste et vraiment intéressante.

Un livre dont on se souvient.

Mention: 3 livres

 

2)Le monde de Charlie/Stephen Chbosky

1er lecteur :

Charlie arrive dans un nouveau lycée. C’est un jeune homme timide, pas comme les autres, « pas raccord » (comme un titre original du roman avant que celui-ci soit réédité sous un nouveau titre à l’occasion de la sortie du film éponyme).

Malgré ses difficultés d’insertion il va faire la rencontre de deux étudiants un peu plus âgés que lui, Sam et Patrick, qui sont frère et sœur. Ils vont le prendre sous leur aile et l’intégrer dans leur groupe, où Charlie va vivre tous les évènements habituels de la vie d’un étudiant :

le bal, les cuites, les premiers essais du LSD ou de drogue, la drague, etc.

Charlie raconte tout cela dans des lettres qu’il écrit à un ami inconnu (et qui restera inconnu jusqu’au bout).

Tout parait normal dans la vie de cet étudiant un peu plus sensible que les autres, qui aime lire et partager ses lectures, écouter de la bonne musique, qui mène une vie de famille sans problème, entre ses parents, sa sœur et son frère footballeur.

Jusqu’à la révélation finale, un peu surprenante.

C’est agréable à lire, bien écrit, on ne s’ennuie pas une seconde. Les références littéraires sont un atout supplémentaire.

Age minimum requis pour la lecture : 15 ans.

Mention: 1 livre

 

3) Home/ Toni Morrison

1er lecteur :

Le roman se passe en Amérique dans les années 50. Un peu déroutant au début, très prenant ensuite. Bien écrit, évoquant beaucoup de problèmes avec concision.

Un très bon roman de lecture qui laisse l’envie de connaitre plus cet auteur.

Mention: 3 livres

2ème lecteur :

Toni Morrison a obtenu le prix Nobel de littérature en 1993. Home est son dixième roman.

L’histoire se déroule dans les années 50, dans le Sud des Etats-Unis, Etat de Géorgie. Elle raconte l’histoire de Franck Money et de sa sœur Cee. Franck, de retour de la guerre de Corée, est hanté par les atrocités de la guerre et Cee est profondément marquée par une enfance malheureuse.

Pour elle, il va traverser les Etats-Unis, la retrouver mourante et revenir, avec elle, à Lotus leur ville natale, « le pire endroit du monde ».

Ce roman nous parle de violence, de racisme et de ségrégation. Noirs et Blancs séparés, partout. Un pays où l’on organise des combats de « nègres » comme des combats de chiens.

Un pays où les Noirs n’ont aucun droit, où ils sont battus à mort, traqués, chassés de leurs maisons.

L’auteure ne faisant que suggérer ce contexte historique, il me semble préférable d’avoir déjà quelques connaissances sur cette période avant de commencer la lecture, pour bien « rentrer » dans le roman.

Le contraire serait dommage car Toni Morrison nous livre un beau récit d’amitié fraternelle et de solidarité et nous suggère qu’il est possible de rester debout, quelles que soient les circonstances. En cela, c’est un livre réconfortant et profondément humaniste.

Mention: 2 livres

 

4) L’ordre libertaire/Michel Onfray

1er lecteur :

L’auteur Michel Onfray, né en 1959 – professeur de philosophie pendant 20 ans en lycée, démissionne de l’éducation nationale en 2002 pour créer et animer l’Université de Caen. Il écrit de nombreux livres traduits dans 25 pays.

Albert Camus, né en 1913 en Algérie, mort en 1960 dans un accident de voiture en France – écrivain, philosophe, romancier, essayiste, journaliste – famille pauvre, boursier, tuberculeux à 17 ans ne peut enseigner, s’installe à Paris en 1940.

Prix Nobel de littérature en 1957.

Livre de 550 pages sur la vie philosophique de Camus donc c’est un livre d’un philosophe sur un autre philosophe.

Michel Onfray par ce livre veut nous faire redécouvrir Camus que l’on a parfois étudié dans notre jeunesse mais souvent trop tôt pour apprécier la portée philosophique de ses écrits.

Il insiste sur la qualité de l’homme qui selon lui est un penseur impeccable qui a vécu une vraie vie philosophique.

Il s’oppose à Sartre dont il dit qu’il a enseigné une philosophie qu’il n’a jamais pratiquée mais qu’il a su valoriser, aidé en cela par Simone de Beauvoir.

Il analyse sa pensée de socialiste libertaire, amoureux de la Commune, fidèle à ses origines pauvres, modeste, anarchiste mais viscéralement hostile à tous les totalitarismes.

Livre « Remue-méninges »

Mention: 2 livres

 

5)     14/Jean Echenoz

1er lecteur :

Ce livre est une merveille d’écriture. Elle donne au récit, sa puissance, nous accroche et nous plonge dans l’horreur et l’absurdité de la guerre.

Jean Echenoz raconte l’histoire de cinq jeunes hommes, nés dans le même village, quelque part en Vendée, mobilisés en août 1914. Ils ne savent pas qu’ils vont au sacrifice, mais la guerre dans sa logique terrifiante et implacable va tout écraser et les broyer.

Tout a été écrit sur 14-18 mais sans doute jamais de cette manière. Le ton est un mélange d’ironie et d’humour désespéré, il nous fait sourire, parfois, et ajoute, s’il le fallait encore, à la férocité de ce que vont découvrir ces cinq hommes et à leur impuissance face à cette tragédie.

Mention: 4 livres

2ème lecteur :

Un petit livre empreint de densité, j’ai eu l’impression d’écouter les récits de guerre de mon grand-père. Ils étaient tous partis « la fleur au fusil », ce conflit ne devait pas durer plus de 15 jours… et qui se prolongea dans un enlisement dans tous les sens du terme avec ses blessés, ses mutilés, ses gazés, ses incompris.

L’habileté du style nous fait oublier l’horreur de cette guerre.

C’est un livre différent de ce que l’on a pu déjà lire sur le sujet. Une certaine pudeur s’en dégage, nous n’osons pas trop écarter le voile de peur de déranger…

Mention: 2 livres

6) Beauvoir in love/Irène Frain

1er lecteur :

Irène Frain est merveilleusement inspirée par son sujet. Elle fait de la passion que vécurent Simone de Beauvoir et Nelson Algren à partir de 1947 un livre superbe, passionnant du début à la fin. Elle nous entraîne dans l’histoire de cette relation dévorante, magnifique et douloureuse.

Elle nous fait découvrir une Simone de Beauvoir, vivante, intrépide, dévorant les plaisirs de la vie, se risquant dans les pires endroits de Chicago. Elle veut tout voir et tout connaître de l’environnement dans lequel vit son amant.

Mais Simone de Beauvoir reste sous l’emprise de Sartre et ne peut vivre pleinement cette passion. Longues séparations, brèves retrouvailles avec Nelson car Simone a toujours un avion à prendre pour rejoindre Sartre à Paris. Même lors de ses voyages avec Nelson, elle lui écrit tous les jours et attend ses lettres. Simone est une amoureuse déchirée et bouleversante.

Pour moi, ce roman est un véritable coup de cœur. Irène Frain nous fait vivre les émotions de ses personnages dans leur histoire à la fois tendre et tragique et accapare notre curiosité jusqu’à la fin du récit. C’est une livre à lire.

Mention:4 livres

 

7) Ecarlate/ Hillary Jordan

1er lecteur :

Dans une Amérique ultra-puritaine qui pourrait être de nos jours, qui a vécu une Grande Epidémie stérilisant les femmes, Hannah, 16 ans, a dû se faire avorter clandestinement. En effet, le père de son enfant est un pasteur très respecté, marié et promis à un bel avenir puisqu’il deviendra Ministre de la Foi.

Mais en ces temps troublés l’avortement est considéré comme un meurtre. Hannah est donc condamnée à devenir une Chrome : un virus va lui être injecté, la colorant en rouge, de la tête aux pieds, afin qu’elle soit traitée comme une paria. Les différents délits colorent ainsi les coupables en jaune, vert, bleu ou rouge selon la nature de leur crime. Cela permet de désengorger les prisons, puisque la punition est bien pire. Les Chromes sont en effet stigmatisés, rejetés par leurs proches, et en général, n’arrivent pas au bout de leur peine. D’autant que des organisations aussi cruelles que le Ku Klux Klan se sont créées, nommées le Poing. Ils font la chasse aux Chromes et les éliminent avec cruauté et violence.

Hannah est condamnée à être une rouge pendant seize ans.

Comment va-t-elle tenir alors que sa mère l’a catégoriquement rejetée, et que sa sœur, soumise à son mari qui appartient au Poing, ne pourra pas l’aider. Seul son père surmontera la honte et apportera un peu d’aide à sa fille. Mais cela ne suffira pas. Elle va heureusement rencontrer des féministes, des organisations qui militent contre le mélachromatisme.

On ne peut bien sûr pas lire ce roman, cette dystopie (fiction se déroulant dans une société imaginaire dont les défauts sont dénoncés) sans penser à La servante écarlate de Margaret Atwood et bien sûr à La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne.

C’est bien écrit (mais sans atteindre la qualité des auteurs précédemment cités), dans une atmosphère assez sombre, sans avenir, dure, mais facile à lire, malgré quelques longueurs vite oubliées.

Mention : 3 livres

8) Le mystère de Sherlock/JM Erre

1er lecteur :

Un roman plein d’humour, de rebondissements, un regard critique sur les personnages universitaires.

Un hommage à Conan Doyle, avec des allusions à Agatha Christie.

A lire pour tous les amateurs de policiers anglais et par tous ceux qui veulent se distraire et se changer les idées.

Mention: 3 livres

9)Quand la lumière décline/ Eugen Ruge

1er lecteur :

Ce roman raconte l’histoire d’une famille allemande, à travers plusieurs générations et différentes périodes, des années 50 aux années 2000.

On suit tour à tour Charlotte et Wilhem, exilés au Mexique à cause de leur appartenance au Parti, puis enfin de retour en RDA, puis Kurt, leur fils et Irina sa femme, et, enfin Alexander, le fils de ses derniers.

Les chapitres ne s’enchainent pas de façon chronologique, puisque le roman commence tout de suite par l’année 2001, lorsque Alexander apprend qu’il est atteint d’un cancer incurable. On va passer d’un couple à un autre, ou d’un personnage à un autre, d’une décennie à une autre, sans suite apparemment logique. Mais tout s’enchaine sans problèmes, les évènements sont toujours très faciles à restituer dans le contexte.

C’est un roman très agréable à lire, grâce à la fluidité de l’écriture, et traitant d’un sujet peu souvent lu, le quotidien dans la RDA d’après-guerre. Sans voyeurisme aucun, ni misérabilisme, on partage la vie de tout ce petit monde qui gravite autour d’un personnage central, Wilhelm, qui ne mérite pas vraiment la médaille qu’on lui remet le jour de ses quatre-vingt-dix ans.

On ne détaille pas la chute du mur, ni le passage du fils à l’Ouest, ce ne sont que des petits évènements du quotidien, abordés comme ça, en passant…

C’est ce qui donne son charme à ce roman, mais qui peut également frustrer le lecteur qui peut s’attendre à plus d’Histoire avec une grand H.

Ici, c’est l’histoire, avec un simple petit « h », l’histoire d’une famille.

Mention : 2 livres

10) Le terroriste noir/Tierno Monenembo

1er lecteur :

Ce roman est une fiction tirée d’une histoire vraie.

En 1940, Addi Bâ, tirailleur sénégalais, échoue dans un village au fin fond des Vosges et y passe 3 années. Germaine, une habitante de ce village, raconte, 60 ans après les faits, l’histoire de cet homme que les allemands avaient surnommé « le terroriste noir » et raconte ce qu’elle a vu de ses yeux de gamine et ce qu’elle a compris beaucoup plus tard.
Ce livre est un roman mais Addi Bâ a vraiment existé. Il est un héros méconnu et ignoré de la Résistance (il crée le premier maquis des Vosges et est fusillé en décembre 1943 à l’âge de 27 ans). Oublié, ce n’est qu’en juillet 2003 que les autorités françaises lui accordent la Médaille de la Résistance à titre posthume.
Ce livre est le monologue imaginaire de Germaine qui s’adresse au neveu d’Abbi Bâ, venu tout spécialement de Guinée lors de la remise de la distinction. Germaine lui dévoile l’histoire surprenante et tragique de son oncle qui a marqué à tout jamais ce village.
L’auteur, à travers l’histoire d’Abbi Bâ, dévoile celle oubliée des tirailleurs africains qui ont combattu pour la France et les fait sortir de l’ombre. C’est un texte émouvant, qui nous rappelle à notre devoir de mémoire et de fraternité.
C’est un beau livre dont je recommande vivement la lecture.

Mention: 3 livres
11)La singulière tristesse du gâteau au citron/Aimée Bender

1er lecteur :

Les mots du livre nous révèlent l’ambiance du livre. Ces mots SINGULIER, TRISTESSE, GATEAU AU CITRON, dégagent un univers familial que l’on croit banal, au début, mais qui nous plonge dans un maelström d’émotions.

La petite fille de 9 ans, la narratrice, nous fait découvrir son mal-être fait de névroses et de secrets inavoués. Son frère, Joseph, brillant mais ombrageux et scientifique non reconnu avec des pouvoirs « magiques »!!!

Sa mère, obsessionnelle, son père paraît en tous points « normal » mais ne peut pas entrer dans un hôpital….

C’est un livre en tous points poétique et tendre, pleins de compromis avec l’entourage familial.

Original, ce roman nous emmène dans des dédales où somnole le surhumain.

Mention : 3 livres

 

12) L’atelier des miracles/ Valérie Tong Cuong

1er lecteur :
Un lieu défini comme un atelier, et j’ajouterai de reconstruction.
Quatre personnages principaux animent cet espace : Jean, le responsable de la structure, Mike, un ancien militaire, Mariette, un professeur d’histoire/géo, Zelda l’amnésique.
Au début, on décrit ces personnages avec leurs problèmes psychologiques. Mais au fil de la lecture on découvre autre chose. Les pourquoi ? Les comment ? Les remèdes ? avec toutes les déceptions de part et d’autre. C’est un livre réaliste et écrit avec beaucoup de finesse.
Ces gens sortent de l’hôpital cabossés et sont recueillis dans cette association, il n’y a pas de magie dans les miracles !! Mais c’est un message d’espoir…

Mention: 3 livres
2ème lecteur :
L’atelier des miracles est le nom d’une association qui vient en aide aux personnes en pleine déroute, sociale, affective, financière. Jean, le dirigeant de cet Atelier si particulier, prend ces naufragés de la vie sous son aile et les aide, par différents moyens, à reprendre goût à la vie.
On suit ainsi l’histoire de Mariette, prof d’histoire-géo dépassée et à bout de souffle, mariée à un homme politique égocentrique, Millie, jeune femme intérimaire qui survit miraculeusement à l’incendie de son immeuble et se fait passer pour amnésique, et, enfin Monsieur Mike, un SDF ex-militaire.
Tous trois racontent chacun leur tour, à la première personne du singulier, leur histoire, comment ils se sont retrouvés à l’Atelier, comment Jean les a aidés, et, ce qui les attend ensuite.
L’atout principal de ce roman est son dynamisme. C’est rapide, vivant, enlevé, on ne s’ennuie pas un seconde en suivant les mésaventures de chacun et on se pose des tas de questions sur cet étrange Atelier. Jean est-il vraiment aussi bon que ce qu’il veut faire croire ? Que se cache-t-il derrière son abnégation et son dévouement ?
C’est original, très bien raconté, on passe vraiment un bon moment en compagnie de toute cette faune de personnages tous plus fous les uns que les autres.

Mention: 3 livres

13) La maison de l’arbre joueur/Lian Hearn

1er lecteur :
L’histoire se passe au Japon en 1857. Tsuru est une jeune fille anticonformiste.
Son père est médecin et elle ne comprend pas que les femmes doivent rester soumises à leur père, puis à leur mari. Et surtout qu’elle ne puisse pas exercer la médecine elle aussi.
Elle va pouvoir tout de même mettre ses talents à l’œuvre car elle va épouser un médecin et tous deux vont se retrouver en pleine action au milieu de toutes ces guerres civiles qui sévissent dans un Japon en pleine effervescence qui essaie de résister à l’envahissement des étrangers.
L’histoire de Tsuru est intéressante à lire, très instructive, on se sent vraiment dépaysé dans un Japon traditionnel. Les passages parlant de politique et de guerre sont un peu moins agréables à lire, et sont même parfois difficiles à comprendre à cause des noms japonais des personnages. Difficile de se souvenir de qui est qui !
Mais cela n’empêche pas ce roman d’être intéressant, agréable à lire, même s’il ne restera pas inoubliable.
Mention: 2 livres

 

14) Le grand complot/Laurent Joffrin

1er lecteur :
Roman historique bien documenté qui nous plonge dans la France de 1804. Bonaparte, alors 1er Consul ne va pas tarder à se faire proclamer empereur. Mais royalistes, nobles émigrés et Vendéens s’allient à l’Angleterre pour comploter et le renverser dans le but d’asseoir Louis XVIII sur le trône.
On suit Donatien Lachance, policier chargé de déjouer un complot, dans les secrets, le cynisme et les intrigues du pouvoir et de la raison d’Etat. L’intérêt de ce roman est de nous remettre en mémoire une période de notre histoire où la France passe de la République à l’Empire en même pas 12 années.
Un livre à lire par ceux qu’intéressent l’Histoire mais aussi les dessous de la vie politique car le dénouement est assez édifiant en la matière.

Mention: 1 livre

15) Némésis/ Philip Roth
1er lecteur :
Juillet 44 à Newark aux Etats-Unis, une épidémie de poliomyélite s’abat sur les enfants du quartier juif de la ville. Ni traitement, ni vaccination pour lutter contre ce fléau. Chacun cherche un coupable mais personne ne sait et subit dans la douleur ces terribles évènements qui emportent les enfants en quelques heures ou les laisse lourdement handicapés.

Cette trame historique sert de toile de fond à l’auteur pour mettre en scène son personnage principal : Eugène Cantor surnommé Bucky.

Bucky est un jeune homme qui a été réformé par l’armée en raison de sa mauvaise vue. Il supporte mal cette situation et se reproche d’avoir été évincé alors que tous les jeunes hommes de la ville sont mobilisés pour la guerre en Europe et dans le Pacifique et en particulier deux de ses bons amis.
Sportif accompli, il dirige un terrain de jeu ouvert tout l’été aux enfants du quartier. Grâce à ses qualités humaines et sportives il fait l’unanimité auprès des enfants et de leurs parents. Et quand survient l’épidémie, il déploie une énergie sans limites pour être auprès d’eux.

Mais, il va céder à la demande de sa fiancée, abandonner Newart et la rejoindre dans un camp de vacances loin de cette ville où rôdent la maladie et la mort. Et lorsque la polio arrive dans le camp, Bucky se sent coupable d’avoir apporté le virus avec lui comme il se sent coupable d’avoir abandonné les enfants de Newark.

Ces évènements vont changer le cours de sa vie et, sans dévoiler le dénouement de l’histoire, on peut dire, qu’à cause d’eux, de la culpabilité qui ronge et de son sens des responsabilités et du devoir, Bucky va rater sa vie, se retranchant dans le silence et la solitude.Quelle responsabilité l’homme a-t-il dans cette histoire ? Y-a-t-il un destin ou les choses arrivent-elles par hasard ? Ou peut-être est-ce Dieu qui décide de tout cela ?

Ce roman d’une grande puissance de réflexion pose des questions essentielles que tout homme peut se poser face à des évènements qui le dépassent.

Philip Roth a annoncé que ce roman serait son dernier livre et si c’est le cas ce sera une sortie en beauté. Personnellement j’ai lu cet auteur pour la première fois mais soyez assurés que ce ne sera pas la dernière.

Mention: 4 livres
2ème lecteur :

Une pointure cet auteur américain ! Des récompenses lui ont été attribuées pour l’ensemble de son œuvre, on comprend pourquoi…

C’est l’histoire d’un jeune homme droit, vigoureux, plein de vie et toujours prêt à rendre service à son prochain… lanceur de javelot, haltérophile et professeur d’éducation physique dirigeant un terrain de jeux.

Il n’a pas été recruté au combat en 1941, du fait de sa mauvaise vue, d’abord au Japon puis en Europe, il a donc été réformé. Ses deux meilleurs copains Dave et Jack sont partis et il avait honte d’être vu habillé en civil, honte lorsqu’il regardait les actualités au cinéma relatives à la guerre, honte lorsqu’il prenait le bus et qu’un passager lisait les actualités du journal relatant la guerre. Et puis une épidémie de polio s’abat sur la communauté de Newark, celle où il est responsable d’enfants et tout s’enchaîne… et on voudrait une fin moins dramatique mais ce n’est pas le cas !

Un livre plein d’émotions… où la peur, la panique, la colère, la perplexité, la souffrance nous emmènent dans un rouage sans fin. Superbe roman !
Mention: 3 livres

16) Je ferai de toi un homme heureux/Anne B Ragde
L’action se situe en Norvège, dans les années 60, dans un immeuble de la classe moyenne. Dans la première partie, chaque partie est consacrée aux habitants de chacun des deux appartements des trois étages. On fait donc connaissance avec toutes ces femmes au foyer, qui passent leur temps à faire le ménage, se chamaillent pour une partie d’escalier lavée par une autre alors que c’est leur étage, qui se font coiffer chez Barbara, qui ont la visite de vendeurs d’aspirateurs à domicile, celle du deuxième étage. Il y a également celle qui déprime depuis la naissance de son enfant, celle qui attend son mari parti sur les routes pendant des semaines et qui, habitant au dernier étage, fait son ménage complètement nue.
C’est une succession de petites tranches de vie, banales, drôles, mélancoliques, qui sont racontées avec bonheur par l’auteure. L’écriture est très belle, très rythmée, et on lit avec plaisir des paragraphes entiers sur le passage de la serpillière !
La deuxième partie du livre, beaucoup plus courte que la première (et qui se trouve déjà dans le dernier quart) raconte la visite d’un démarcheur vendant et installant des judas.
Et la troisième et dernière partie, très courte elle aussi, raconte comment les habitants de l’immeuble vont lutter contre une invasion des rats.
Ces deux dernières parties, malgré leur qualité et leur intérêt, tombent un peu comme des cheveux dans la soupe. L’ensemble manque un peu de liant, même si un fil conducteur permet de donner une certaine cohérence.
C’est encore une fois la quatrième de couverture qui induit le lecteur en erreur…
Malgré cela, c’est une lecture très agréable, dynamique, un livre qui se lit vite.

Mention: 3 livres

17) Un homme effacé/Alexandre Postel

Le choix du titre n’est pas anodin.

C’est l’histoire d’un homme plutôt effacé. Il est professeur de philosophie dans une université (américaine, je pense), veuf, solitaire. Par contre, son grand-père était un homme politique connu.

Un jour, il est embarqué par la police pour téléchargement d’images pédopornographiques.

La deuxième partie commence : là, c’est d’un autre effacement dont il est question, comment tout s’emballe jusqu’à l’effacement de la société.

Ce livre est un bon point de départ pour une réflexion sur les mécanismes de stigmatisation, d’acharnement, amplifiés par nos sociétés, dites modernes.

Ce roman est évidemment très bien écrit.

Mention: 3 livres

18) Délivrance/James Dickey

Ce roman a été écrit en 1970 et a connu un grand succès. Un film mémorable, du même nom, a été tiré de cette histoire de quatre trentenaires fatigués de leur quotidien qui vont se ressourcer en descendant une rivière en canoë et qui vont vivre des sensations non prévues au programme. Le danger rôde, la mort guette, et ils vont devoir se battre non pour passer des rapides, mais pour survivre tout simplement.

De l’avis de beaucoup, ce roman est un coup de poing, tant par son écriture que par son scénario. Il est vrai que l’auteur sait remarquablement bien décrire la progression de l’angoisse, les situations dangereuses, ainsi que la communion avec la nature, la rivière, calme ou dangereuse, la forêt etc.

C’est une lecture agréable, même s’il y a parfois des longueurs pour qui n’a jamais fait de descente de rivière en canoë.

J’ai personnellement été plus marquée par le film que je ne le serai du roman, mais il est bon de connaitre les deux œuvres racontant cette belle histoire d’hommes face à eux-mêmes

Mention: 3 livres

19) Chrysis/Jim Fergus

Dans le Paris des années 30, Gabrielle, jeune artiste-peintre, suit des cours avec un grand professeur d’art, tout en découvrant le côté caché de Montmartre qui va l’inspirer pour ses plus grandes toiles.

Elle adopte le pseudo de Chrysis, héroïne d’un roman érotique qui fait scandale et qu’elle a lu en cachette de son père, colonel de l’armée.

Bogart Lambert est un véritable cow-boy américain qui vient en France pendant la guerre, défendre ce pays dont sa famille est originaire. Son accoutrement de cow-boy va le rendre célèbre dans les rangs de l’armée.

A Paris, les deux jeunes gens se rencontrent et vont vivre une belle histoire d’amour.

J’ai aimé ce roman pour l’histoire, l’atmosphère de Paris de cette époque, si haut en couleurs (les artistes fréquentant les maisons closes, les célèbres cafés).

L’histoire aurait pu être mieux exploitée à mon goût, mais ce livre se laisse tout de même lire avec plaisir.

L’origine du roman lui-même est racontée par l’auteur en préambule et ajoute une petite note bien sympathique.

Mention: 2 livres

20) Sombre dimanche/ Alice Zeniter

Ce roman, qui a obtenu le prix du livre Inter 2013, est le deuxième d’Alice Zeniter, jeune auteur de 26 ans. L’histoire se déroule en Hongrie, à Budapest.

Elle nous raconte avec une grande sensibilité et beaucoup d’humour le destin des différents membres de la famille Mandy sur plusieurs générations. Les personnages sont attachants et nous touchent par leur acharnement à vouloir vivre dans « la maison au bord des rails » dans laquelle personne d’autres ne pourrait vivre. Chacun assume son destin dans ce pays gris, sans mer et sans montagne.

L’histoire sur fond de répression communiste, de révolution et d’ouverture à l’occident est plutôt sombre mais la lecture n’est pas difficile car l’écriture est légère et drôle.

J’ai beaucoup aimé ce livre, difficile à refermer car l’auteur nous embarque dans une histoire de gens ordinaires pas vraiment heureux, souvent tristes ou révoltés, qui subissent une Histoire qui ne s’intéresse pas à eux et font ce qu’ils peuvent pour survivre.

Mention: 4 livres

 

21) L’instant d’après / Sarah Rayner

Dans le train du matin qui emmène tous ses habitués au travail, Lou observe discrètement ses voisins de compartiment quand soudain l’homme qui semblait très amoureux de sa femme assise en face de lui, se met à vomir. Bien vite, Lou réalise qu’il fait une crise cardiaque.

Le train s’arrête et on évacue les passagers. Lou se retrouve dans un taxi avec une autre passagère, Anna. Celle-ci reçoit un appel de sa meilleure amie, Karen qui n’est autre que la femme du passager décédé.

Le lecteur va ainsi suivre, jour après jour, heure après heure, le deuil des deux amies, et la façon dont Lou va se retrouver intégrée dans leur amitié.

Sans être larmoyant, ce roman est empli d’émotions mais reste toujours positif et plein d’espoir. Il redonne goût en l’amitié. C’est une belle tranche de vie, sans faux-semblant, sans abus de sentimentalisme mièvre.

Il se lit très rapidement et avec bonheur.

Mention: 3 livres

22) Embrouille en Provence

Ce roman, écrit par un Anglais, est vraiment une ode à la Provence et plus particulièrement à Marseille. L’intrigue, qu’on peut qualifier de policière, passe au second plan.

L’ensemble est agréable et se lit très facilement.

Mention: 2 livres

23) La nuit d’Ostende/ Paule Noyart

L’histoire d’une famille à travers 3 générations de femmes de 1920 à 1951.

Avant de commencer la lecture de ce livre de 630 pages, je me dis que voilà encore une saga familiale sur fond de Grande Histoire et j’ai comme un sentiment de déjà connu. Et je change très vite d’avis.

D’abord, l’histoire se déroule en Belgique et Ostende me rappelle la merveilleuse chanson de Léo Ferré. Et puis, je découvre un pays et son Histoire, principalement pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Enfin, et surtout, ces femmes sont attachantes, leur personnalité est finement analysée et décrite par l’auteur, les dialogues sont bien enlevés, intéressants et agréables. On vit au rythme de cette famille dont les journées ne manquent pas de rebondissements.

C’est un livre qu’on ne lâche pas jusqu’à la fin. Il se lit facilement et l’on passe un bon moment.

Mention: 3 livres

24) La pendue de Londres/ Didier Decoin
Né en 1945 Didier Decoin écrivain et scénariste français est récompensé en 1977 du Prix Goncourt pour John l’Enfer.
Il est également le fils du cinéaste Henri Decoin.
Le roman est inspiré d’une histoire vraie : celle de la dernière femme exécutée par pendaison au Royaume Uni.
Très agréable livre dont on sort la tête remplie d’images, d’impressions, d’émotions, comme après un bon film.
Didier Decoin a mis son talent de scénariste et sa plume agréable à lire au service de cette histoire et il a réussi !
Le livre est bien construit. Il met en parallèle deux vies : la descente aux enfers de Ruth Ellis la future condamnée et la petite vie simple de son futur bourreau Albert Pierrepoint.
En toile de fond, on a Londres d’après-guerre sombre et dévastée.
Mention: 3 livres

25) Ladivine/ Marie Ndiye
Une écriture dense, puissante pour raconter la relation qu’une fille choisit d’avoir avec sa mère. Le choix qu’elle fait est effrayant et, au final, tragique. Au fil des pages, nous assistons à la chute de cette fille, obligée de mener une double vie et que rien ni personne ne pourra sauver. Elle se perd elle-même et va au-devant du drame qui mettra fin à ses jours.

Puis, l’auteur nous emmène dans la vie de LADIVINE, la petite fille. Là, les choses se compliquent et les personnages se meuvent dans un univers fantasque voire fantastique. Cette deuxième partie est déroutante car l’auteur nous emmène à la frontière de l’irrationnel sans que cela soit bien clair. Un chien, très présent tout au long des pages, semble être la réincarnation de la fille puis de la petite fille. Des évènements extraordinaires surviennent et les personnages réagissent bizarrement. L’histoire est globalement assez sombre mais, avec le chien, naît l’espoir que tout n’est pas perdu.

Il y a, dans ce livre, de vrais sujets de réflexion avec la question de l’amour filial, de la transmission entre générations, de l’impossibilité de connaître l’autre vraiment.

Ces questions que l’auteur soumet à notre réflexion, sans en avoir l’air, et l’écriture forte qui porte cette histoire font l’intérêt de ce nouveau livre de Marie Ndiaye.

Mention: 2 livres

 

26)Pause/ Susan Maushart

1er lecteur :L’auteure, Susan Maushart, est, comme la plupart d’entre nous, accro à son Smartphone. Et que dire de ses trois enfants (trois adolescents de 14, 15 et 18 ans) complètement dépendants de toutes leurs machines : ordinateur, téléphone, télévision, consoles ?

Un jour, elle décide de faire une expérience : tout débrancher pendant six mois et observer comment chacun va se comporter, y compris elle-même.

Attention, ce n’est pas un roman, ni un journal, c’est bel et bien une étude sociologique sur notre monde et sur la génération des natifs numériques, ces gamins, (NOS gamins), qui sont nés avec ces appareils, et qui n’ont pas connu la vie sans télévision, sans téléphone portable, sans ordinateur, sans console, sans…).

L’auteure étant docteure en sociologie des médias, elle est bien placée pour nous parler de nos comportements les plus fous, les plus improbables, face à tous ces nouveaux médias. L’Expérience que sa famille va suivre lui sert de support pour nous faire découvrir de nombreuses analyses, enquêtes et études de toutes sortes sur ce sujet.

C’est à la fois drôle, édifiant, très intéressant, et très instructif avec évidemment plusieurs leçons à en tirer, chacun selon ses propres habitudes et ses aspirations.

Et bien sûr, on termine ce livre en se demandant si on aurait le courage de faire la même Expérience, et la réponse à cette question nous permet de juger de notre degré de dépendance.

Mention: 3 livres

2ème lecteur :

Comment trois ados hyper connectés et leur mère (qui dormait avec son Smartphone) ont survécu à six mois sans le moindre média électronique.

L’auteure est docteure en sociologie des médias à l’université de New-York.Elle a écrit cette expérience personnelle alors qu’il vivait en Australie et élevait ses trois ados.C’est un livre–document tout public, amusant par la sincérité de l’auteure sur les différents moments de cette expérience mais intéressant parce que très documenté.Tout ce qu’elle a pu recueillir d’informations sur les conséquences de l’utilisation de ces médias modernes y est. Et là, on s’interroge !Certes, on sait bien que même la découverte de l’imprimerie et cette transmission par l’écrit avait suscité également une grande peur alors… je vous laisse à votre propre réflexion !

Mention: 2 livres

27) La déesse des petites victoires/ Yannick Grannec

1er lecteur :

Avec ce premier roman qui mêle réalité et fiction Yannick Grannec a obtenu le Prix des Libraires 2013.

Au début des années 80, Anna jeune documentaliste de l’Université de Princeton est chargée de récupérer les archives de Kurt Gödel auprès d’Adèle, sa veuve, qui finit ses jours dans une maison de retraite sans âme.

Kurt Gödel est rien moins que le plus grand mathématicien du 20ème siècle. Né en 1906, il énonce, à l’âge de 25 ans, deux fameux théorèmes dit théorèmes d’incomplétude de Gödel et réalise bien d’autres travaux de la plus haute importance pour l’humanité.

Adèle raconte à Anna comment elle a vécu auprès de ce génie, elle, petite danseuse de cabaret n’ayant aucune culture scientifique. Durant 50 ans de vie commune, elle supportera les manies, l’atroce égoïsme, la folie de son grand homme et le mépris de sa belle-famille et du milieu scientifique. Elle gère tout et le protège. Femme intelligente, à la répartie bien placée, elle se lie d’amitié avec Einstein qui est aussi le grand ami de Kurt.

Einstein appréciait, plus que tout, les échanges avec son ami Gödel. Leurs conversations donnent à l’auteur l’occasion de dialogues scientifiques d’assez haute volée.

Ce pourrait être le point faible du livre, le point où il serait facile de décrocher, s’il n’y avait Einstein. Découvrir cet homme est un vrai plaisir. Son impertinence, son esprit malicieux et plein d’humour, son militantisme pacifique, sa liberté de parole (quoique surveillée par le FBI) et surtout son amitié avec Gödel donnent au livre une humanité touchante.

Touchante est aussi l’histoire d’Adèle. Sans enfant, sans vie sociale et loin de sa famille, elle perd sa vie à sauver celle de son mari. Il souffre de psychose paranoïaque et meurt en 1978 sans qu’elle n’ait pu empêcher les ravages de la maladie. Par peur de l’empoisonnement, il meurt complètement dénutri.

Ce roman balaye une grande partie du 20ème siècle, de la montée du nazisme, à l’émigration aux USA des plus grands cerveaux de l’époque, au maccarthysme et à la découverte de la bombe A.Et il pose une question : jusqu’à quel point peut-on se sacrifier par amour ? Véritable énigme en ce qui concerne la vie d’Adèle qui a tout sacrifié à son homme de génie Ce livre vaut la peine d’être lu. On découvre un grand mathématicien, un couple hors du commun et une histoire d’amour invraisemblable.

2ème lecteur :

L’auteur parle, de façon romancée, de la vie de Kurt Gödel, mathématicien, et de sa femme Adèle.

D’un point de vue historique, cet ouvrage est vraiment très intéressant : il est écrit comme un roman, se lit très facilement, on y apprend beaucoup de choses sur les grands savants (mathématiciens et physiciens) du XXème siècle.On ne peut que le conseiller, et pas seulement aux scientifiques.

 

Juste avant le bonheur/ Agnès Ledig

1er lecteur :

Julie a 20 ans, un enfant de 3 ans, Ludovic, et disons-le franchement une vie de merde. Maman célibataire, elle a dû arrêter ses études et prendre un boulot alimentaire, caissière dans un supermarché dont le directeur n’est pas vraiment un humaniste.

Mais un jour, un client voit une larme couler sur sa joue, et entame la conversation. Emu par la situation de Julie, Paul l’invite, sur un coup de tête, elle et son fils, à passer quelques jours de vacances dans sa maison de Bretagne. Jérôme, son fils trentenaire, se joindra à eux. Lui est aussi amoché par la vie car sa femme vient de mourir. Quant à Paul, il n’est pas épargné puisque sa femme vient de le quitter après trente ans de mariage.

Tous ces « bras cassés de la vie » vont devoir s’apprivoiser et le séjour qui s’annonçait difficile, va vite se transformer en bulle de paix et de sérénité retrouvées.

Mais si cette première partie du roman peut paraître un peu trop mièvre, trop optimiste, trop « tout est bien qui finit bien », un évènement va survenir qui va briser net cette impression.

Mais je ne peux évidement pas en dire plus…Vous allez tour à tour sourire (beaucoup d’humour dans les dialogues finement ciselés), rager, pleurer. C’est un concentré de sentiments et d’émotions que nous raconte-là Agnès Ledig.

Même si les dialogues ne sont pas toujours très réalistes (trop travaillés, trop métaphoriques), on se laisse facilement happer par cette belle histoire qui se lit d’une traite.

Mention : 3 livres

2ème lecteur :

Un roman très actuel où une jeune femme rejetée par sa famille galère dans un système que l’on pourrait qualifier d’inhumain.Elle ne supporte plus, elle est triste et sa tristesse émeut un client de passage, le hasard ! Pourquoi elle ? Elle est caissière dans un supermarché et est harcelée quotidiennement pas son chef. Pourquoi Paul l’invite à passer quelques jours de vacances, il ne le sait pas lui-même et pourquoi accepte-t-elle ?

Leur rencontre est le début d’une relation amicale où l’humour et la tendresse sont au rendez-vous, l’ambigüité n’a pas sa place !!! Et là des évènements extérieurs et des personnages s’intercalent dans leur recherche d’un bonheur.

Je n’en dis pas plus et je vous invite à passer un moment des plus agréables où la vie prend le dessus.

Mention : 3 livres

29) La cuisinière d’Himmler/Franz Olivier Gisbert

1er lecteur :

On se demande lorsqu’on débute dans la lecture l’attribution de ce titre, cuisinière OK mais que faisait Himmler dans ce récit romancé… et on a qu’une envie c’est d’aller plus loin pour le découvrir… Une épopée qui nous emmène dans l’histoire marquante du 20ème siècle du génocide arménien où rien ne nous est épargné aux atrocités de la dictature maoïste en passant par l’holocauste. Le portrait de cette vieille dame est habilement présenté et je ne peux que conseiller ce livre où les protagonistes plus ou moins connus sont peints dans la lumière de l’époque.
C’est un livre fort, attachant, et le portrait de cette truculente centenaire ne fait qu’augmenter la véracité des faits historiques.

Mention: 4 livres

2ème lecteur :

Rose, 105 ans, décide d’écrire ses mémoires. Elle a traversé le 20ème siècle et a beaucoup souffert. Alors elle décide de se venger de tous les gens qui lui ont fait du mal et la vengeance sera, avec l’amour, ses deux moteurs dans la vie. Elle n’a ni problème de conscience ni remord. La vengeance la soulage de toutes ses souffrances.

L’auteur a créé un personnage de femme qui ne s’embarrasse pas de principes, ne respecte rien et aime tellement la vie qu’elle survit à la perte des siens dans les pires tragédies de l’Histoire.

Très douée pour la cuisine, elle va se servir de ses dons culinaires incomparables pour séduire Himmler et essayer de retrouver son mari et ses enfants, déportés. Mais cela n’est qu’une petite partie de son histoire car elle a vécu plus d’un siècle tout de même.

Ce récit loufoque, drôle, dérangeant est parfois peu crédible (les crimes de Rose restent toujours impunis) mais on se laisse emporter par le rythme joyeux de l’écriture et le talent de l’auteur qui rend Rose si vivante (à 105 ans, elle recherche encore un amoureux sur la « Toile » !

Lecture très agréable.

Mention: 3 livres

30) Et que le vaste monde poursuive sa course folle/Colum McCan

1er lecteur :

Beau titre pour un beau livre paru en 2009. Ce livre, élu meilleur livre de l’année 2009 par le magazine Lire, a aussi obtenu le National Book Award aux Etats-Unis.

Le monde poursuit sa course folle mais oublie pas mal d’êtres humains en route. Ce livre foisonnant, à l’écriture riche, raconte la vie de plusieurs personnages qui vont se croiser dans un monde d’injustices et de misère, dans le New-York sombre des années 70. Mais cela pourrait, aussi bien, être aujourd’hui.

Nous rencontrons un prêtre irlandais qui aide des prostituées noires dans le Bronx, ces prostituées elles-mêmes, un groupe de mères de soldats morts au Viêt-Nam, des petits vieux d’une maison de retraite. Ces personnages n’ont pas eu de chance, la vie les a meurtris et blessés mais ils luttent et se relèvent. Ils trouvent de la force dans le regard et le soutien des autres.

Le livre débute par l’exploit d’un funambule français (Philippe Petit) le 7 août 1974. A 417 mètres de hauteur il a traversé, sur un câble, la distance séparant les tours jumelles du World Trade Center. C’est un peu la toile de fond de ce livre, comme pour dire, que l’on peut aller, d’un point à un autre, sans tomber, même si cela est risqué.

J’ai aimé la beauté et le courage des personnages que l’auteur décrit avec beaucoup d’humanité et l’histoire dans laquelle s’entrecroisent leurs destins.

C’est un livre à lire sans modération

Mention: 3 livres

31)Le palimpseste d’Archimède/Eliette Abecassis

Cet ouvrage est très différent de ce que l’auteur nous présente d’habitude.

L’histoire est palpitante et compliquée à souhait et n’est pas sans évoquer Dan Brown.

Bien documenté, ce livre mélange passé lointain et présent. On y parle de Pi aussi bien que de Facebook.

Pour les amateurs du genre c’est parfait.

Mention: 1 livre

32) Demain est un autre jour/Lori Nelson Spielman
1er lecteur

:En mourant, la mère de Brett laisse ses trois enfants désemparés, surtout Brett, sa fille, mais laisse aussi la direction d’une entreprise florissante. Le jour de la lecture du testament, tout le monde s’attend à ce que Brett devienne la PDG de la société que sa mère a su créer et faire fructifier.

Mais c’est le coup de théâtre : Brett ne sera pas PDG. Pire même, sa mère adorée lui laisse un défi de taille à surmonter pour avoir droit à sa part d’héritage, qui sera substantielle. Brett avait établi, à l’âge de 12 ou 13 ans une liste d’objectifs à atteindre dans sa vie, certains amusants (comme acheter un cheval) et d’autres très sérieux, avoir un enfant ou tomber amoureuse.

Sa mère lui donne un an pour atteindre dix objectifs de cette liste.

C’est un roman charmant, amusant, très attachant, avec des personnages sympathiques, des situations pas toujours crédibles, mais si bien racontées, avec tant de fraîcheur, qu’on adhère complètement.

On passe vraiment un bon moment à la lecture de ce roman bourré de sentiments, d’amitié, d’amour, sans prise de tête. Une belle surprise !

Mention: 3 livres
2ème lecteur :

Premier roman d’une jeune auteure américaine.

Les droits d’adaptation cinématographiques ont déjà été achetés par la Fox.

A la mort de sa mère, Brett pense qu’elle va hériter de l’empire cosmétique familial mais à la lecture du testament, c’est sa belle-sœur qui l’obtient. Ses deux frères reçoivent une fortune colossale et elle… un vieux papier jauni !C’est une liste des dix choses qu’elle voulait vivre, écrite alors qu’elle avait 14 ans et que sa mère avait conservée.

Inutile de préciser qu’elle est aux antipodes de ses aspirations actuelles !

Pour toucher sa part d’héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs : tomber amoureuse (elle a déjà un petit ami), enseigner, avoir un enfant (ce n’était pas du tout dans ses intentions), aider les gens dans le besoin, renouer avec son père…

C’est une comédie romantique qui semble « nunuche » au départ mais j’ai bien ri, pleuré aussi.

L’écriture est agréable, légère. C’est frais, sans prétention, super sympa !!!

Mention: 2 livres

33) La femme de nos vies/Didier van Cauvelaert

1er lecteur :

Dans ce livre, inspiré d’une histoire vraie, et où se mêlent réalité et fiction, le professeur David Rosfeld raconte comment, en 1941, alors qu’il a 14 ans, il a été sauvé par Ilsa Schaffner. Auxiliaire féminine de la Wehrmacht, elle appartient au service scientifique de l’armée et convainc Hitler de subventionner un établissement où elle pourra faire étudier des enfants surdoués au bénéfice du régime nazi. Mais ses intentions inavouées sont en fait de protéger et sauver ces enfants.

Soixante-dix ans après ces évènements, David apprend que cette femme, qu’il n’a jamais revue, est toujours vivante. Il accourt à son chevet où il fait la connaissance de Marianne pour laquelle Ilsa, qui est sa grand-mère, est la pire des criminelles nazies.

David va devoir réhabiliter Ilsa et bien que le récit se déroule dans un contexte effroyable, l’auteur nous invite à lire une belle histoire d’amour et de vie.

On ne lâche plus le livre jusqu’à la fin.
Mention : 3 livres

34) L’armoire des robes oubliées/Riikka Pulkkinen
Elsa, la grand-mère d’Anna, est atteinte d’un cancer foudroyant. Entourée de ses proches, elle compte bien profiter de chaque instant, de chaque plaisir, jusqu’au bout. Mais Anna découvre que derrière ce mariage heureux se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. C’est une vieille robe oubliée dans une armoire, trouvée par hasard, qui va réveiller le passé…

On suit Anna et sa famille de nos jours, et, ses grands-parents dans les années 60, lorsque le drame eut lieu.

C’est une belle histoire racontée avec sentiments, passion, et une écriture toute en volutes et poésie.

Ce roman finlandais a eu un énorme succès dans son propre pays.

Mention: 2 livres
35) Le potentiel érotique de ma femme/David Foenkinos
1er lecteur :

Hector est atteint de collectionnite. Il collectionne tout et n’importe quoi. Et cela le rend malade. A un point qu’il tente de se suicider. Mais il rencontre Brigitte et sa vie va changer car Brigitte lave les vitres comme personne…

Loufoque, absurde, drôle, mais remarquablement bien écrite, ce petit roman se déguste avec bonheur. L’auteur a une plume vraiment maîtrisée qui donne tout son sel à cette histoire pas si anodine que cela. Le roman est court, mais il n’en aurait pas fallu plus tant cette histoire est dense.

A lire pour passer un vraiment bon moment !

Mention: 3 livres
36) Chers voisins/John Lanchester
Dans cette rue chic et bourgeoise de Londres, vivent plusieurs personnes : une vieille dame mourante, un agent de footballeurs, un trader et sa famille… Subitement, tous se mettent à recevoir des cartes postales où est écrit « Nous Voulons Ce Que Vous Avez ». Au départ, personne n’y prête attention, mais cela devient de plus en plus inquiétant.

Chaque chapitre raconte la vie d’un habitant de la rue, ou du maçon polonais qui y travaille, ainsi que de la contractuelle noire, travailleuse clandestine. C’est assez déstabilisant car les chapitres s’enchainent sans que rien ne les relie les uns aux autres.

L’écriture est dense, maîtrisée.

On s’attache à quelques-uns des personnages, d’autres peuvent être plus énervants. La construction du roman peut laisser perplexe, mais on lit quand même avec plaisir, et jusqu’au bout, surtout pour savoir qui est à l’origine de cette campagne étrange et inquiétante.

Mention: 2 livres
37)L’extraordinaire voyage du fakir qui était coincé dans une armoire Ikéa/Romain < Puertolas
1er lecteur :

Cet ouvrage sort de l’ordinaire, il est assez drôle surtout au début avec les aventures loufoques de ce « fakir ».

Au fil du roman, on évolue vers du plus sérieux, voire moraliste, à la fin « tout est bien qui finit bien », évolution qu’on peut regretter… ou pas !

Mention: 1 livre
38) Le quatrième mur/ Sorj Chalandon
1er lecteur :

Ce récit se déroule en grande partie au Liban en 1982/83 pendant la guerre civile qui a ravagé le pays de 1975 à 1990. Le Liban est une mosaïque de peuples et de religions d’origine diverses et il n’est pas facile de comprendre quelque chose à ce conflit. Cela ne gêne, cependant, en rien la lecture de ce roman qui très vite nous prend aux tripes.

Georges, le personnage principal a promis à son ami Samuel Akounis, mourant, de monter l’Antigone d’Anouilh à Beyrouth à sa place. Le projet de Samuel était de faire jouer la pièce par des auteurs de chacun des camps en présence dans cette guerre. Georges croit pouvoir y arriver mais il est plongé dans un tel monde de violence et d’horreur que le quatrième mur, qui est, au théâtre, le mur invisible qui sépare les acteurs du public, c’est-à-dire le rêve de la réalité, va s’écrouler. Au Liban, il n’y a pas de place pour le rêve. Georges et ses acteurs seront rattrapés par la guerre.

Cette histoire est bouleversante, dure et la lecture en est parfois éprouvante et insoutenable mais c’est un roman magnifique porté par une écriture juste et raffinée. J’ai personnellement beaucoup aimé ce livre et je le recommande vivement.

Mention: 4 livres

2ème lecteur :

Ce livre a reçu le prix Goncourt des Lycéens en 2013. L’auteur (né en 1952) est journaliste et a couvert en particulier les évènements au Liban de 1981 à 1987.

C’est un roman mais c’est surtout un livre-témoignage de ces moments intenses, marquants et parfois traumatisants que sont amenés à vivre les journalistes de guerre. Il est intéressant en cela, très bien écrit et construit. Il nous entraine au cœur de la folie des hommes.

L’histoire : Georges, compagnon de lutte politique dans un mouvement d’extrême gauche de Samuel (très malade) fait la promesse à ce dernier de monter Antigone de Jean Anouilh au milieu d’un Beyrouth en guerre. Ils ont pour ambition de réunir des protagonistes de tous les camps et faire une représentation.

Mention: 2 livres